Chroniques australiennes


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Au travail...

J’ai vite remarqué à quel point la vie à Sydney coûte cher, que ce soit pour se loger ou pour manger, mes euros fondaient comme neige au soleil ! Je me suis donc rapidement mis à chercher du travail. Comme travailler dans l’édition ici est quasiment impossible, l’anglais n’étant pas ma langue maternelle et l’édition étant un secteur peu pourvoyeur d’emplois, j’ai tout de suite cherché un peu dans toutes les directions…

J’allais donc tous les jours sur les sites Internet Gumtree (l’équivalent de Le bon coin en Australie) et autres Seek envoyer ma candidature pour distribuer des prospectus, être serveur, travailler dans des entrepôts et autres boulots sans grand intérêt. J’avais aussi imprimé quelques CV que je distribuais dans les restaurants, magasins et autres endroits qui pourraient bien vouloir de moi. Tout ceci en pure perte pendant plus de 2 semaines, ce qui n’est pas très bon pour le moral…

Finalement, mon pote Christian qui est chef pâtissier dans un restaurant de Sydney (le Chiswick) me dit qu’il va parler à son chef. Quelques jours plus tard, il m'annonce que je peux passer au restaurant, on va me donner du travail. Enfin une bonne nouvelle ! Je suis donc là le jour dit, vendredi 7 décembre, à 17h pour rencontrer Ritchie, le chef en question. Et après une rapide discussion, il me propose de commencer tout de suite, pour voir un peu de quoi il en retourne. Je vais donc vers le coin vaisselle et rencontre les deux kitchen hands (eh oui, c’est le nom anglais pour désigner le commis de cuisine, un homme à tout faire quoi…) qui sont déjà au travail. L’un d’eux me dit de le suivre pour prendre l’équipement nécessaire. On passe donc derrière un rideau, direction les parties privées du restaurant. La petite pièce dans laquelle je me retrouve, attenante aux toilettes du personnel, contient plein de casiers et des sacs/chaussures en vrac un peu partout, bref un joyeux bordel. Je prends ce qu’il faut dans une armoire : des gants Mapa, une éponge et un tablier jetable en plastique.

Arrivé devant les éviers, je m’affuble de tout cela et commence le travail. C’est assez basique, on a d’un côté les « gastro » (le nom affectueux donné aux grands (et moins grands) plats en métal utilisés par les cuisiniers pour préparer la nourriture) plus ou moins sales et de l’autre une surface de rangement temporaire pour les déposer une fois propres. Pas question ici de tous les laver à l’eau savonneuse, ça prendrait bien trop de temps. Je me contente donc de mettre les plats les plus gras ou qui contiennent des restes un peu cramés dans le premier évier, qui contient de l’eau chaude savonneuse, et passe les autres (ceux qui ne nécessitent pas vraiment de grattage) à mon collègue qui manie un jet sous pression d’eau très chaude qui nettoie rapidement les plats. Une fois la crasse des premiers plats ramollie, je les gratte et les passe à mon collègue. On me conseille de mettre une autre paire de gants en latex sous les gants Mapa pour supporter la température de l’eau et ce n’est pas un luxe ! Je fais cela jusqu’à 20h, avant que Ritchie me libère. Je ressors les vêtements pleins de projection de graisse, les chaussures trempées (elles ne sont pas du tout adaptées à ce travail) et nauséeux de toutes ces odeurs de cuisine remuées par l’eau chaude du jet sous pression… Mais bizarrement je suis content ! Je pense que ça me manquait de ne pas travailler… Rendez-vous est pris lundi à 10h, pour mon premier jour de travail !

Après m’être acheté une superbe paire de chaussures coquées et fermées (30$ au K-Mart, c’est pas la ruine…), je suis prêt pour affronter ma première vraie journée de travail ! J’arrive donc lundi un peu en avance, et cette fois-ci je mets un bleu de travail (il y en a des propres à notre disposition) pour éviter de salir mes habits, puis enfile mes nouvelles chaussures. Si on ajoute à cela le tablier jetable et les gants Mapa rose, je ressemble enfin à un vrai kitchen hand ! Vendredi je n’avais fait que nettoyer les plats des cuisiniers, mais il y a un autre poste à la plonge : nettoyer les plats des clients. C’est assez simple : on prend les assiettes et autres bols sales que nous ramènent les serveurs, on les pose sur un plateau garni de picots pour les retenir, on passe, au-dessus d’un évier, un coup de jet sur les plats pour enlever le plus gros des restes, on glisse le plateau dans le lave-vaisselle, on ferme le lave-vaisselle et, 2 ou 3 minutes plus tard, c’est fini, on n’a plus qu’à ressortir le plateau et ranger les plats propres (mais bouillants). Avec un tout petit peu de pratique, on a le temps de ranger les plats propres et recharger une nouveau plateau avant que le plateau en cours soit terminé, on n’arrête donc jamais ! Et puis évidemment, il faut aussi aider la personne qui est à l’autre poste en cas de rush. Bref, pas le temps de s’ennuyer. Surtout après le service, quand tous les plats des cuisiniers arrivent d’un coup et qu’on se retrouve sous une montagne de gastro ! Quand on commence le travail tôt et que le restaurant n’est pas encore ouvert, il faut également aider à couper les haricots, mettre des sauces et autres préparations sous vide, transporter les caisses de fruits et légumes, vider les poubelles, nettoyer, …

Bref, le travail est vraiment peu intéressant et en deux semaines on en a fait le tour. Heureusement que la paye est correcte (je me fais entre 300 et 500$ net par semaine) et qu’il y a une bonne ambiance en cuisine ! Il y a plusieurs français qui travaillent dans ce restaurant, dont une serveuse, trois cuisiniers (en plus de Christian) et un kitchen hand, mais il fait uniquement de la préparation (couper les légumes, mettre sous vide…). Parfois les cuisiniers nous mettent un plat de côté, ce qui nous permet de manger un peu, parce que sinon c’est pas top de ce côté : il n’y a qu’un repas à 17h, et tant pis si on part avant. Donc autant dire que quand on commence à 7h30 du matin et qu’on n’a qu’une seule pause de 30 minutes, il vaut mieux ne pas oublier de ramener quelque chose à manger, sinon la deuxième partie de la journée est difficile.

Mais l’expérience est intéressante. Cela me permet de voir concrètement ce que c’est que de faire un boulot « de merde » et ça change du bureau où, si on n’a pas grand chose à faire, on peut toujours aller papoter dans le bureau d’à côté ou surfer sur le Net. Ici il y a toujours quelque chose à faire et toujours quelqu’un pour vérifier qu’on est en train de faire quelque chose. Je sais aussi maintenant que la cuisine n’est pas pour moi ! Je n’avais jamais imaginé travailler dans ce milieu de toute façon, mais le stress permanent, les horaires pourris (les cuisiniers partent vers 23h30 en général et travaillent très souvent le week-end, vu que c’est le moment où on fait les plus grosses recettes) et le travail de cuisinier qui semble tout de même très répétitif m’en découragent… Je compte encore travailler dans ce restaurant jusque mi-fin février, le temps de passer mon permis, puis direction le désert !

Billet écrit le 16/01/2013


touky

ha ben voila, enfin tu bosses ! Parce que ça suffit un peu les "ouais la plage c'était trop bien" ou les "ha rotir au soleil dans un parc, c'est super" ! Allez hop ! à la plonge !

16/01/2013 à 14:50:39 +01:00

Pernelle

Récurer les chiottes d'un camping, les casseroles d'un restaurant... Finalement c'est pas avec 5 ans d'études qu'on trouve de quoi se nourrir ! Vive l'Australie et ses multiples expériences !

20/01/2013 à 22:23:28 +01:00

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